menu haut

L’EFT – réponse à l’émission Envoyé Spécial du 30/10/2014

J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt l’émission « Envoyé Spécial » ce jeudi 30 octobre, et notamment le sujet réalisé par Guillaume Cahour intitulé « Cher sommeil » (1), ainsi que l’article qui le complète sur le blog du Nouvel Observateur (2) sous la plume de Louise Pothier. L’EFT (Emotional Freedoom Technique) y est présentée comme « une arnaque dangereuse » qui « s’appuie sur des états de faiblesse ». Guillaume Cahour assure dans son magazine qu’il n’y a aucune étude scientifique concernant l’EFT et laisse entendre que les praticiens EFT sont des « pseudo-thérapeutes ». Je profite donc de cette occasion pour apporter quelques précisions et corrections à son analyse.

À la base, l’EFT est une technique d’autotraitement qui découle d’une méthode mise au point par un docteur en psychologie américain (Roger Callahan) appelée « Thérapie du champ mental » (TFT en anglais) dans les années 1980. Gary Craig a simplifié cette méthode pour qu’elle puisse être pratiquée par tout un chacun, et l’a nommée EFT ce qui, traduit en français, signifie « Technique(s) de libération émotionnelle ».

Dans son reportage, Guillaume Cahour déclare : « L’EFT n’a aucune légitimité scientifique. »
Il suffit pourtant de se connecter sur les deux principales bases de données médicales qui répertorient les études mondiales dans le domaine de la santé : PubMed et Science Direct. Si vous recherchez « emotional freedom technique » sur Science Direct, vous arriverez sur une page (3) qui met en avant plusieurs études scientifiques : la toute première concerne l’utilisation de l’EFT pour réduire les effets secondaires de l’association du tamoxifen et de l’aromatase dans le traitement du cancer du sein. Sur PubMed (4), vous découvrirez aussi plusieurs études réalisées par des chercheurs comme Dawson Church, Ph.D., et David Feinstein, Ph.D. Ce dernier a réalisé une « méta-étude » qui analyse les résultats de 51 autres études sur l’EFT et la TFT pour le traitement du stress post-traumatique, de l’anxiété, de la dépression, des abus sur mineur, etc. Vous pouvez télécharger gratuitement cette étude (en anglais) intitulée « Preuves de l’efficacité de la stimulation de points d’acupuncture dans le traitement de troubles psychologiques » en suivant ce lien : http://www.ifpec.org/ressources/. Vous y trouverez aussi l’étude que j’ai réalisée en Haïti, avec Dawson Church et Julie Palmer-Hoffman de la Fondation pour la Médecine Épigénétique. Cette étude montre une diminution importante du syndrome de stress post-traumatique en seulement quelques séances. J’ai également réalisé des vidéos sur mon intervention en Haïti et assuré un suivi de certains patients avec lesquels j’ai eu l’occasion de travailler, plus de 12 mois plus tard. Vous trouverez ces témoignages en vidéo à cette adresse : http://www.ifpec.org/bénévolat/.

On peut facilement répertorier près d’une centaine d’études sur le sujet que l’on peut compléter par les centaines de travaux réalisés sur les points d’acupuncture. En résumé, d’un point de vue scientifique, attesté par toutes ces études, on peut dire que lors d’une séance d’EFT durant laquelle on stimule manuellement des points d’acupuncture, on observe une activation de la réponse de relaxation du corps ainsi qu’un phénomène de « contre-conditionnement » grâce à l’association de cet état avec les pensées ou les souvenirs traumatiques. De plus, les études attestent d’une modification de l’équilibre neurochimique du cerveau. Le niveau d’endorphines augmente, ce qui permet une diminution de la perception de la douleur (Swack, 2001 ; Ulett 1992). La production de sérotonine croît également, ce qui permet une amélioration de l’humeur (Ruden, 2005 ; Swack, 2001 ; Ulett 1992). L’EFT permet aussi de réguler les niveaux de cortisol, ce qui permet de diminuer la réponse « fuir ou combattre » (Church, 2009 et Ulett, 1992). Autre effet positif : l’augmentation de l’acide gamma-aminobutyrique (le GABA) qui permet de réduire l’anxiété et d’inhiber la peur (Ruden, 2005).

On observe également un changement au niveau de l’activité cérébrale, notamment au niveau du système limbique et tout particulièrement de l’amygdale et de l’hippocampe qui stockent la mémoire émotionnelle.

Le système nerveux autonome se rééquilibre également grâce à la désactivation de la branche sympathique et de l’activation de l’axe parasympathique qui entraîne une réponse de calme. Cela se traduit également par une meilleure variabilité du rythme cardiaque.

Le principal problème de l’EFT et des outils de la psychologie énergétique réside dans son apparente simplicité. Certaines personnes apprennent cette méthode à la va-vite, sur Internet ou en lisant des livres, et s’autodéclarent « thérapeutes » ou formateurs(trices) sans aucune base en psychologie ni en psychopathologie. Elles font même de la publicité sur Internet, en « cassant les prix », comme le souligne Guillaume Cahour qui montre une annonce d’un site marchand dans laquelle deux séances d’EFT ou de sophrologie sont bradées au prix de 29 euros.

Si l’on suppose que la séance dure une heure, cela fait un tarif horaire de 14,50 euros. Étant donné que le principe de ces sites de vente est de garder 50 % de commission, cela signifie que la personne qui propose cette séance touche 7,25 euros de l’heure, soit moins que le Smic net horaire qui, depuis le 1er janvier 2014, est à 7,47 euros net…

Cela en dit long sur le professionnalisme de cette personne. Dès lors, rien d’étonnant que cette « pseudo-séance » soit un simulacre de thérapie. Nul besoin d’être un spécialiste de la santé mentale pour comprendre que ce qui est montré à l’écran est bien loin de ce que devrait être une séance d’EFT. De là à faire l’amalgame entre l’outil EFT et les praticiens charlatans, il n’y a qu’un pas, que les détracteurs s’empresseront de faire…

Pourquoi ne pas avoir sélectionné un ou une psychologue ou psychiatre, formé(e) à l’EFT et pratiquant cette technique avec des patients souffrant d’insomnie ? Il est aussi facile de trouver des professionnels de la santé mentale spécialisés dans le traitement de l’anxiété et utilisant, entre autres outils, l’EFT, que les études scientifiques mentionnées plus haut.

Nous sommes de plus en plus nombreux, psychothérapeutes, psychologues, psychiatres (et même certains psychanalystes) à utiliser cet outil en pratique privée ou dans un contexte institutionnel, à l’hôpital, en centre antidouleur ou en clinique psychiatrique.

J’invite bien volontiers Guillaume Cahour et tous les journalistes et producteurs intéressés à pousser plus loin leurs investigations avec les sources qui sont référencées ici et je me tiens à leur disposition pour éclaircir et faciliter leurs recherches.

Jean-Michel Gurret, psychothérapeute, auteur de Mieux vivre avec l’EFT et de L’EFT, libération émotionnelle, formateur et superviseur en EFT.

Mieux vivre avec l'EFT, c'est malin_c1

(1)http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/envoye-special/tres-cher-sommeil_732763.html
(2)http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1267471-envoye-special-cher-sommeil-sur-france-2-pour-les-insomniaques-le-lit-est-un-ennemi.html
(3)http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleListURL&_method=list&_ArticleListID=-668089281&view=c&md5=f910c66092cd288ba11b05aac9b8281e&searchtype=a
(4)http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/?term=emotional+freedom+technique

2 Responses to L’EFT – réponse à l’émission Envoyé Spécial du 30/10/2014

  1. a. chaouch 7 janvier 2016 at 11 h 21 min #

    bonjour j ai acheté le livre MIEUX VIVRE AVEC L EFT et je ne trouve nulle part les 10 videos de demonstration je vous prierai de m indiquer comment faire pour les visionner
    cordialement

Laisser un commentaire